Fayard

  • On n'empêche pas un petit coeur d'aimer. Surtout un petit coeur sec. Jaloux. Tordu. Malheureux. Il faut l'admettre, l'amour n'est pas l'apanage des gens aimants. D'ailleurs l'auteur avait pensé intituler son recueil de nouvelles : Infect. Mais d'Insecte à Infect la rime était trop facile. Pourtant, infects, nous le sommes tous peu ou prou quand nous aimons ?

  • Insecte

    Claire Castillon

    • Fayard
    • 11 Janvier 2006

    Ma fille est ma meilleure amie ; mon père n'est pas méchant maman ; arrange-toi, tu es déguisée ; ma mère est bête ; ma fille est idiote ; j'aime encore mieux que mon mari me trompe avec notre fille ; ma fille est née dans une rose mais périra dans le chou ; ma mère a un cancer, elle m'énerve ; ma mère se laissait tellement aller qu'elle est morte.



    Quand les tête-à-tête entre mères et filles deviennent autant de raisons de vivre ou de mourir.



    Vous parler d'elle, le dernier roman de Claire Castillon, est paru chez Fayard en 2004.

  • «Ma mère lui tient froid. Elle transpire, la pauvre, à force de lui tendre de l'amour, qu'elle dit, qu'elle croit, et qu'il ne prend plus. C'est qu'ils vivent un amour qui ressemble à l'ennui, une étape imbécile, à deux, à se chamailler. Je crois qu'elle l'aime parce qu'il le faut. Lui reste pour l'enfant. L'enfant bientôt jeune homme qu'ils ont eu finalement.» Il a dix ans, il redoute le drame entre ses parents - qu'ils s'entretuent, par exemple. Jusqu'au jour où, las de leurs gesticulations, il accomplit en toute innocence un premier acte barbare et libérateur.
    Voilà comment on devient un méchant garçon, bien dans sa peau, de loin supérieur aux siens dans l'art de faire mal.
    Claire Castillon est douée pour ces histoires horribles murmurées à l'oreille du lecteur. Elle décrit la perversité comme un mal ordinaire. Elle a du style et du mordant.


    Claire Castillon a vingt-sept ans, elle a signé trois romans - Le Grenier, Je prends racine et La reine Claude - ; ainsi qu'une pièce de théâtre, La Poupée qui tousse, qui s'est jouée à Paris.

  • Les bulles

    Claire Castillon

    • Fayard
    • 18 Août 2010

    Petite, je me croyais anormale ; Je suis ravie que tu fréquentes mon frère ; Mon mari ne me touche pas depuis des lustres, je ne vois pas pourquoi il me tromperait ;
    J'ai toujours su que j'étais la mère de mon neveu ; Je vais t'expliquer ; L'amour n'est pas un spectacle ; Si je meurs, pense à Hugues Aufray.
    Jamais à une fantaisie près, chacun ici vit dans sa bulle, à travers laquelle les images du monde parviennent déformées, fêlées, désespérées. A moins que, faisant office de loupe, celle-ci permette de mieux scruter certains détails troublants de vérité.
    Insecte et On n'empêche pas un petit coeur d'aimer, les deux précédents recueils de nouvelles de Claire Castillon, ont été traduits en vingt langues.

  • Les cris

    Claire Castillon

    • Fayard
    • 6 Janvier 2010

    Il s'agit d'une rupture. En d'autres termes, d'une formalité.
    Un beau jour, Adam montre les premiers signes de faiblesse: «J'aime être avec toi, j'aime rire, vivre, dormir avec toi, j'aime faire l'amour avec toi. Mais je ne sais pas si je t'aime.» Il est à abattre, pense-t-elle, puisque, la fuyant, il ne tient pas les promesses de l'amour.
    Aussitôt, sa perception se trouble mais elle refuse que la douleur organise l'émotion; l'utiliser à autre chose, oui, employer la destruction du sentiment à la construction du livre. Elle ne revient pas sur l'idée qu'elle aime les ruptures et fabrique le drame de toutes pièces. À vivre, l'échec est contraignant. À écrire, le voilà utile. Spirituel. Excitant.
    Le lecteur entre alors dans la tête d'un écrivain. Il passe à la lessiveuse. Avec ce couple qui se sépare, il découvre l'écriture comme méthadone du sentiment.

  • Les hommes sont des ânes comme les autres. Et les femmes de cette famille, de bonnes ânesses dévouées et soumises. C'est la malédiction à laquelle la narratrice veut échapper. A moins que son âne à elle l'inspire. Alors elle l'assassinera au fil des pages. Mais ensuiteoe Après son enfance solitaire, silencieuse, ressassée, comment aimeroe En choisissant un autre homme pour la proéminence virile de sa pomme d'Adamoe Absurde. Mais elle part avec cet homme-là, c'est décidé. Mais s'il est question d'amour, cette fois, comment le vivre sans l'écrireoe Comment fermer ce troisième oeil qui s'obstine à voir ce que le coeur ignoreoe Scruter, décortiquer, noter, c'est sa malédiction à elle. Elle est écrivain.

  • Vous parler d'elle

    Claire Castillon

    • Fayard
    • 18 Août 2004

    Qu'entend-elle en bas, qui la terrifie ? D'où viennent ces visions qui la hantent, et d'où cette peur enfantine et diabolique à la fois ? Depuis combien de temps est-elle cachée là, suspendue sous les poutres du toit, dans sa maison d'enfance ? Et si c'était elle, l'oiseau de malheur oe


    Au bout de ses doigts, les os poussent et s'aiguisent, sa langue devient crochet, ses dents sont aussi acérées que des couteaux. Qui est l'ennemi ?


    Elle revoit sa vie, mais que valent ses souvenirs ? Elle est la fille chérie d'un père chéri, fille trop aimante qui veut partager sa couche. Adolescente, elle va de motel en motel pour s'offrir aux soudards. Elle est cernée par des chasseurs à l'odeur de viande fraîche. Plus tard, elle est la proie consentante d'un amant cruel et inflexible. Elle piétine leur amour autant qu'elle le protège. Elle enfante mais aucun nourrisson ne survit à sa haine des hommes. Dans sa détresse, elle n'a plus d'âge, plus d'identité. A-t-elle jamais existéoe


    Désordre de la mémoire, mensonges et vérités, enfance en loques et amours saccagées, Claire Castillon nous mène où elle veut, dans un souffle.

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