Librairie Generale Francaise

  • On n'empêche pas un petit coeur d'aimer. surtout un petit coeur sec. jaloux. tordu. malheureux. il faut l'admettre, l'amour n'est pas l'apanage des gens aimants. d'ailleurs, l'auteur avait pensé intituler son recueil de nouvelles : infect. mais d'insecte à infect, la rime était trop facile. pourtant, infects, nous le sommes tous plus ou moins quand nous aimons.

  • Ma fille est ma meilleure amie ; mon père n'est pas méchant, maman ; arrange-toi, tu es déguisée ; ma mère est bête; ma fille est idiote; j'aime encore mieux que mon mari me trompe avec notre fille ; ma fille est née dans une rose mais périra dans le chou ; ma mère a un cancer, elle m'énerve ; ma mère se laissait tellement aller qu'elle est morte.
    Quand les tête-à-tête entre mères et filles deviennent autant de raisons de vivre ou de mourir.

  • « Le plaisir, ça m'avait bien secouée, mais le plaisir à faire du mal, ça devenait mille fois meilleur et ce serait ma façon d'aimer. » Ainsi parle Evelyne, petite fille dérangée, puis jeune femme détraquée. À son compagnon Luiggi, le pizzaïolo, elle dit qu'elle fait des ménages dans une usine. Mais du lundi au vendredi, elle est escort-girl en secret. C'est une histoire qui finit mal...

    Un livre à voix unique, à la fois gouailleur et puissant. Isabelle Lortholary, Elle.

    Un livre qui claque comme une gifle. Isabelle Courty, Le Figaro magazine.

    Claire Castillon invente une langue pour donner la parole à son héroïne. [...] Ces confessions sont bouleversantes. Ajoutons encore qu'elles sont souvent douloureusement drôles. La merveille, c'est qu'on y croit ! Vincent Roy, Le Monde des livres.

  • « Je suis lucide, un gilet rose pâle quand on est moche est beaucoup moins sensuel qu'une robe moulante quand on est belle », « Un homme muet, au fond, ne serait-il pas trop silencieux ? », « J'ai envie d'aimer les gens, mais je ne sais plus comment ». Les personnages de Claire Castillon parlent d'eux-mêmes. On connaît la chanson ? En voici les couplets. Le refrain de la vie conjugale a déjà scandé nos vies, n'avons-nous pas voulu l'entendre ? Entre étouffement, solitudes à plusieurs, ruptures, sexe virtuel, amours frigides, familles nombreuses, travers exemplaires, 36 nouvelles, et autant de façons de disséquer le couple et ses désenchantements.

    « Cruelle et drôle quand il le faut, Claire Castillon métamorphose le bouquet fleurs bleues en une brassée de roses. Pleines d'épines. » Françoise Dargent, Le Figaro littéraire.

    « La plume est badine, mais le fond est acide. » Anne Berthod, La Vie.

  • Claire Castillon
    Pourquoi tu m'aimes pas oe

    « Quand je regarde mon père, cette chair molle livrée aux loups, ma gorge se noue. Il traîne dans le marché couvert. Il va attendre la nuit pour rentrer. C'est toujours cette lassitude à l'idée de devoir ouvrir la bouche, dire bonsoir, ce mal dans la peau, mal à ses membres lourds, ce sommeil aux aguets, prêt à l'abattre en plein vol. »
    Il a dix ans. Il redoute que survienne un drame entre ses parents. Jusqu'au jour où, las de leurs gesticulations, il accomplit en toute innocence un acte libérateur.
    Voilà comment on devient un méchant garçon, bien dans sa peau, de loin supérieur aux siens dans l'art de faire mal. Voilà comment on poursuit sa course jusqu'à devenir l'homme qu'on va devoir être.
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  • Claire Castillon Le Grenier La narratrice est une jeune femme amoureuse. L'homme, Simon, est marié. Ses absences, ses mensonges, le foyer conjugal où il retourne, tout cela la déstabilise. Il est heureux, elle ne l'est pas.
    C'est dans un souvenir d'enfance qu'elle a retrouvé l'image du grenier. Elle se perçoit comme un grenier. Son corps lui sert à entasser de la mémoire, des êtres imaginaires. La semence de son amant. Et puis ce qu'elle mange, dans une boulimie qui lui fait avaler jusqu'aux lettres de Simon, voire son permis de conduire, « avec la photo et l'agrafe »...
    Une écriture vibrante, un style rapide, des mots tour à tour crus et doux : ce premier roman plein de colère nous offre le portrait d'une femme qui puise au fond d'elle-même les forces dont elle a besoin pour guérir ses blessures et apprendre à composer avec la réalité.

  • Petite, je me croyais anormale ; Je suis ravie que tu fréquentes mon frère ; Mon mari ne me touche pas depuis des lustres, je ne vois pas pourquoi il me tromperait ; J'ai toujours su que j'étais la mère de mon neveu ; L'amour n'est pas un spectacle ; Si je meurs, pense à Hugues Aufray.
    Jamais à une fantaisie près, chacun ici vit dans sa bulle, à travers laquelle les images du monde parviennent déformées, fêlées, désespérées. À moins que, faisant office de loupe, celle-ci permette de mieux scruter certains détails troublants de vérité. Trente-huit nouvelles, trente-huit portraits décapants.Cruel, incisif, juste, ce pétillant recueil ne s'interdit pas non plus une certaine méchanceté.
    Franchement jubilatoire ! Valérie Gans, Madame Figaro.

  • Il s'agit d'une rupture.
    En d'autres termes, d'une formalité. Un beau jour, Adam montre les premiers signes de faiblesse : « J'aime être avec toi, j'aime rire, vivre, dormir avec toi, j'aime faire l'amour avec toi. Mais je ne sais pas si je t'aime. » Il est à abattre, pense-t-elle, puisque, la fuyant, il ne tient pas les promesses de l'amour. Elle refuse, cependant, que la douleur organise l'émotion ; l'utiliser à autre chose, oui, employer la destruction du sentiment à la construction du livre.
    Elle ne revient pas sur l'idée qu'elle aime les ruptures et fabrique le drame de toutes pièces. À vivre, l'échec est contraignant. À écrire, le voilà utile. Spirituel. Excitant. Le lecteur entre alors dans la tête d'un écrivain. Il passe à la lessiveuse. Il découvre l'écriture comme méthadone du sentiment.

  • Une femme écrivaine observe son fiancé et ses yeux, peu à peu, scrutent l'homme au point de ne plus voir que les détails rédhibitoires qui le caractérisent. Elle le quitte pour un autre homme, aperçu dans un café, mais celui-ci aussi fera les frais de cette attention particulière.

  • Claire Castillon La reine Claude « Coeest loehistoire de ma vie qui a croisé la tienne, coeest loehistoire de nos nerfs en crise, de deux malades qui noeont que loeamour pour moteur, la rage de rester haut. Coeest loehistoire de deux têtes capables de se saborder pour que loeautre ne meure pas. Coeest loehistoire du sillon creusé depuis cette rencontre-là, le long duquel poussent les fées et les fleurs. Coeest loehistoire doeun prunier à déraciner parce quoeil soeest fichu au milieu, et les fleurs noeont plus doeeau. Il faut loeabattre, en faire du bois, le bois de notre croix et celui de nos feux. Tu ne mourras pas. Je toeaime. » Cl. C.


  • Vous parler d'elle
    Quel est ce bruit qui la terrifie ? D'où viennent ces visions qui la hantent, et d'où cette peur enfantine et diabolique à la fois ? Depuis combien de temps est-elle cachée là, suspendue sous les poutres du toit de sa maison d'enfance ? Et si c'était elle, l'oiseau de malheur oe
    Au bout de ses doigts, les os poussent et s'aiguisent, sa langue se transforme en crochet, ses dents sont aussi acérées que des couteaux. Qui est l'ennemi oe
    Elle revoit sa vie, mais que valent ses souvenirs ? Elle est la fille chérie d'un père chéri, fille trop aimante qui veut partager sa couche. Adolescente, elle va de motel en motel pour s'offrir aux soudards. Elle est cernée par des chasseurs à l'odeur de viande fraîche. Plus tard, elle devient la proie consentante d'un amant cruel et inflexible. Elle piétine leur amour autant qu'elle le protège. Elle enfante mais aucun nourrisson ne survit à sa haine des hommes. Dans sa détresse, elle n'a plus d'âge, plus d'identité. A-t-elle jamais existé oe
    Désordre de la mémoire, mensonges et vérités, enfance en loques et amours saccagées, Claire Castillon nous entraîne dans un labyrinthe à couper le souffle.

  • « Je voudrais un homme avec deux jambes, capable de faire les pas que je n'ai plus envie de faire, un homme à mes côtés, tous les 28 du monde [...] Je voudrais un homme talentueux pour m'expliquer où est le beau. Un homme qui me fasse des enfants puis me défende s'ils deviennent vils [...] Je voudrais qu'il m'épouse encore, chaque 28, et infiniment répète le oui dans toutes les langues. Qu'à soixante ans l'on se rende compte qu'on a oublié l'essentiel, peut-être nos consentements en Chine, et qu'à pied, jusqu'à la Muraille, on parte les récupérer. » Avec naïveté et lucidité, tendresse et exigence, Cécile Valette raconte son quotidien étriqué de jeune vieille fille enlisée dans une vie où elle n'ose prendre le risque d'avancer.
    Dans ce roman pathétique et drôle, on retrouve le style si particulier de Claire Castillon, intense, poétique, plein de folie et de fureur douce.

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