Langue française

  • Il ne s'agit pas à proprement parlé d'un road-movie, mais le rythme effréné de cette histoire drôle et loufoque s'en approche délicieusement. Pour attirer l'attention sur les répercussions sociales désastreuses de la fermeture d'un haut fourneau qui conduira au licenciement de milliers d'ouvriers, Richard, un artiste un peu raté, son compagnon ouvrier Octavio, frappé de plein fouet par cette mesure, et un syndicaliste convaincu, kidnappent Lakshmi Mittal, un des industriels les plus riches du monde.
    Au fil des aventures qu'ils lui feront subir, des situations surréalistes qu'ils lui imposent, Mittal devra répondre à une question : que vaut-il, lui, qui licencie des milliers de gens, les poussant vers la misère, aussi facilement qu'il change de boutons de manchette ?

  • Bruxelles est une ville en plastique, comme le reste de la planète : on y voit courir des petits bonshommes dérisoires, emportés dans le courant de leur vie comme des bouteilles vides à la surface du canal. On rit, on se bat, on se débat, puis on se laisse aller et on se retrouve noyé dans la vase, sans avoir rien remarqué. A moins qu'un soubresaut ne change le cours des choses. Il suffit de presque rien : une tache de sauce, un appareil photo, une agrafeuse, un abri de jardin ou un paquet de cigarettes pour qu'une vie banale bascule dans la grande aventure, pour que l'absurde redonne des couleurs à une existence terne.

  • Avec son recueil de nouvelles Les Ours n'ont pas de problème de parking , Nicolas Ancion nous emmène dans sa Belgique natale, un monde fait d'ours en peluche conducteurs d'automobiles et de souvenirs d'enfance mélancoliques. Sur un ton ironique, on y croise des personnages fantaisistes et émouvants souvent perdus dans la société actuelle, tels Ugur, tête de turc de l'école qui rêve d'intégrer l'équipe de football, et Marc Dutroux, triste homonyme de l'assassin. Sans oublier les peluches détectives et les retraités à la vie aventureuse. Ces huit nouvelles retracent le parcours d'adultes et d'enfants dont les idéaux sont souvent irréalisables dans la société dans laquelle ils vivent, mais qui tentent tout de même de les atteindre avec l'humour comme arme principale.

  • Dans les bas quartiers de Bruxelles où le sommeil se marchande, il y a ce vieil immeuble. Les deux derniers niveaux, insalubres, ont été condamnés. Ce qui fait du quatrième étage (sans ascenseur), le véritable sommet de ce taudis. Marie, malade, est alitée. Thomas, son mari, tâche de lui cacher les alentours, l'enfer urbain où la vie se troque. Ils ne sont plus du tout jeunes. Ils sont amoureux. Dans les bas quartiers de Bruxelles où le sommeil se marchande, il y a Serge. Qui, un jour de chance, a pris le vieil escalier. Et qui, au quatrième étage, s'est arrêté.

empty