L'hebe

  • Notre société banalise la mort alors que bien peu d'entre nous sont préparés à surmonter le deuil. Les épaules plombées, nous traînons des années durant seuls et en silence une horde de sentiments ambivalents. Panser le deuil est accessible à tous et permet à l'annonce d'un décès d'agir très rapidement et "à chaud". S'adressant autant à l'individu qu'au groupe, l'outil proposé ici autorise de tout dire du défunt, tout écrire... sans filtre aucun. Naît un portrait réaliste et complexe qui rend tant au survivant qu'au disparu toute la dimension de son vécu, évitant ainsi le piège d'une énumération de qualités dont chacun tait le mensonge. Il n'y a pas ici de simple effigie de la personne décédée, mais bien une volonté d'inscrire toute la mémoire du survivant dans la réalité. Cette démarche nouvelle, créée et testée lors du décès d'un membre d'une communauté scolaire, a prouvé son efficacité et offert à chacun et à tous de sortir de l'état de choc subi à l'annonce de la mort d'un homme. Face à la mort, on ne peut continuer à faire semblant de rien. En ce sens, le livre de Chantal Myttenaere et sa méthode méritent vraiment d'être connus de tous.

  • Face aux enfants en difficultés, souffrant de troubles de la personnalité et du comportement, Joël Mellina, éducateur, refuse de se focaliser sur leurs problèmes et leurs différences. Parce que ces enfants, au bout du compte, ont les mêmes besoins que tous ceux de leur âge: besoin de pouvoir s'intégrer à un groupe, d'affirmer leur identité de manière positive, d'acquérir une autonomie, de réussir. L'auteur propose alors de les emmener sur son voilier, tout en affirmant avec humour que ces jeunes n'ont pas besoin de voile... Mais que lui en a besoin, comme un outil, pour leur permettre de prendre le large, de vivre une expérience valorisante et de repartir sur terre d'un pied plus ferme.

  • On les appelle jeunes à problèmes. Problèmes pour quioe Pour eux certainement, fragiles face à leur futur, blessés souvent dans leur passé... mais problèmes aussi pour celles et ceux, éducateurs, éducatrices qui les accompagnent au fil des jours. Problèmes enfin d'une société, mère de ces adolescents et adolescentes en rupture, tantôt révoltés, tantôt apathiques, violents envers l'autre ou envers eux-mêmes. Touchants, agaçants, attachants. Ils ont leurs règles, leurs lois, leur compréhension du monde. La société a les siennes et les institutions spécialisées des concepts pédagogiques sophistiqués. Rassurantoe Mais comment se vit cette rencontre étonnanteoe Pour tenter de mieux expliquer leur rôle de «médiateurs impossibles», un groupe de professionnels de l'éducation spécialisée a sélectionné une série de textes, d'anecdotes et de courriers produits par les jeunes comme par eux-mêmes. Cela va de la phrase brève et percutante à la vignette clinique plus élaborée, c'est panaché d'humour, de reconnaissance, de colère ou de gravité. Regroupés par chapitres, ces petits bouts d'histoire sont mis en tension face à des extraits de lois, de règlements internes soudain malmenés par la réalité du quotidien.

  • Pas de langue de bois, pas d'autosatisfaction intellectuelle ou de facile gargarisme académique pour cette promenade littéraire à laquelle nous convie tout en finesse Joseph Vebret. Derrière l'apparente légèreté de ces pérégrinations se cache le questionnement plus profond de l'homme face à lui-même, de la création comme catalyseur ou exutoire, de la condition humaine qui, en cherchant à se transcender, cherche également à faire sens : « Et même s'ils s'entrelacent et se confondent, le réel et l'imaginaire ne sont que des outils destinés à témoigner et donner à voir, à défaut de comprendre ou d'accepter.
    L'écrivain, le vrai, est un passeur, un intermédiaire, une loupe grossissante, une tête chercheuse. Souvent contre son gré. Parce qu'il ne sait rien faire d'autre ou ne peut faire autrement. On ne devient pas écri- vain, ce n'est pas un métier. On ne choisit pas. On est. »

  • Rencontre avec 30 écrivains :
    Virginia Bart Claude-Henry du Bord Didier van Cauwelaert Bruno de Cessole Michel Chaillou Françoise Chandernagor Cécile Coulon Patrice Delbourg Ariel Denis Marie-Claire Dewarrat Chahdortt Djavann Claude Durand Georges Flipo Annick Geille Hubert Haddad Stéphanie Hochet Michel Houellebecq Dominique Inchauspé Philippe Jaenada Pierre Jourde Lionel-Édouard Martin Gabriel Matzneff Amélie Nothomb Pierre Pelot Alexis Salatko Philippe Sollers François Taillandier Frédérick Tristan Marc Villemain Frédéric Vitoux

  • Premier inédit de Gaston Cherpillod :
    In nomine spiritus absentis Dans les années de grande crise, un père prolétaire et son fils promis à une carrière uni- versitaire pêchent dans La Trême et pratiquent une économie de cueillette pour survivre.
    Des années plus tard, le fils, évoquant ce souvenir-là, établit le bilan des pertes provoquées par l'agrochimie et l'industrialisation accélérées sur les cycles de la nature : l'esprit du lieu s'est éteint.

    Deuxième inédit de Gaston Cherpillod :
    Reliques et breloques Dix récits écrits entre 2008 et 2011 jalonnent les dernières années de l'écrivain. On y retrouve l'écoulement du temps, des rivières, et au milieu du courant, le rocher qui pense et qui écrit la misère dans l'opulence, le désir qui résiste à la consommation, le rêve d'un nouveau monde qui peine à advenir, dans ses derniers raps (rhythm and poetry) syncopés et haletants.

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