• "Je détruirai l'ordre établi, qui sépare le plaisir du travail, qui fait du travail un fardeau et du plaisir un vice, qui rend un homme misérable par indigence et l'autre par surabondance."

  • Ibsen

    Jacques De Decker

    « Pour moi, ce fut une question de droits de l'homme. Si vous lisez mes livres attentivement, vous vous en rendrez compte. Il est évidemment souhaitable de résoudre le problème des femmes ; mais cela n'a pas été mon seul objet. Ma tâche fut de faire le portrait d'être humains. »
    Usant d'une langue peu répandue, né dans un petit port du sud de la Norvège, assistant-pharmacien dans sa prime jeunesse, Henrik Ibsen (1828-1906) est devenu l'auteur dramatique le plus discuté et le plus controversé de son époque, idolâtré par James Joyce, George Bernard Shaw et Henry James. Il est tenu aujourd'hui pour l'un des dramaturges majeurs de tous les temps. Son parcours de génie et de labeur est une étonnante odyssée artistique.

  • Suzanne a la pomme

    Jacques De Decker

    Ce livre est né d'une complicité, de l'amour commun des tableaux, de quelques contraintes amicalement choisies et de l'irrésistible envie de rendre le sérieux ludique. Jacques écrirait une fiction sur la peinture au début du XXIe siècle.
    Quel autre écrivain aurait pu se mouvoir avec tant de facilité et de souplesse dans l'univers quasi secret des galeries et des ateliers d'artiste ? Sous son regard assuré d'observateur, ce fils de peintre a inclus dans un récit aussi précis que passionnant une tranche de vie complète de l'époque : les personnes qui travaillent pour qu'une galerie « tourne », les comportements parfois étranges des collectionneurs, les commerces avoisinants avec leurs vitrines et leurs secrets avouables et inavouables. Au cinéma, nous imaginerions l'auteur en photographe joué par James Stewart dans Fenêtres sur cour. Mais il ne s'est pas arrêté là.
    Par une provocation habile, il m'a amenée, quelques années plus tard, à mettre son récit en images. En fin connaisseur, il savait parfaitement comment parler à l'illustratrice que je suis. Nous avons ainsi joué à un jeu vertigineux : prendre la peinture, la transformer en verbe pour retransformer celui-ci en images...
    Hélas, le décès inopiné de Jacques est survenu avant la parution de ce livre.
    Puisse Suzanne à la pomme offrir au lecteur le même plaisir que celui que nous avions à évoquer si souvent ce petit monde insolite et tellement humain.

    Maja Polackova

  • Ce volume rassemble le meilleur des chroniques littéraires de Jacques de Decker. De sa plume audacieuse et complice, il juge des plus grandes oeuvres, et ce, à partir des années 1970, caractérisées par un important chamboulement des lettres francophones de Belgique et par l'éruption d'auteurs d'exception. C'est ainsi qu'il nous fait (re)découvrir des auteurs plus ou moins connus, qu'il nous pousse à relire une oeuvre parcourue nonchalamment, en bref, qu'il nous montre la littérature en train de se faire. L'auteur nous peint les richesses d'Amélie Nothomb, de Claire Lejeune, d'Alain Berenboom, de Pierre Mertens, de Jacqueline Harpman. et de bien d'autres encore ! Frôlant parfois l'essai (« qu'est-ce que la poésie ? »), l'écriture de De Decker est savoureuse et sagace.

  • Le rapprochement entre Jacques De Decker et Alain Chamfort est certainement inédit.
    Est-ce grave s'il porte à sourire ? Souris puisque c'est grave est le titre de chanson qui résume peut-être le mieux l'humeur que dégagent des textes (dont certains eux aussi sont inédits) où même les moments les plus graves mettent de bonne humeur. Quant à l'époque qui parfois transparaît dans la réédition de quelques « modèles réduits » devenus introuvables, elle apparait ici comme le grand retour d'un has been super.
    Au lecteur de choisir qui des modèles de ces tableaux ou qui de leur cadre, cette Belgique de Cocagne à laquelle ils appartiennent, est réduit. Nains de jardins ou jardin miniature ?
    La variété donne à cette boîte à malices une légèreté bienvenue pour longtemps dans la marge.

  • C'est parce qu'il a voulu que son propos soit concret, préhensible - Die Wahreit ist concret, la vérité est concrète, c'est sa phrase favorite - que Brecht s'est converti au théâtre et qu'il a écrit une poésie qui ne s'aventure presque jamais dans les contrées de l'indicible, du flou artistique et incommunicable. La poésie de Brecht est avant tout communication, échange, dialogue. Elle fournit à son lecteur des indices, des signes, des preuves ; à lui de faire le reste du travail, de tirer la conclusion qui s'impose, même si elle n'est que provisoire.

  • Donc, tu déclares forfait, tu abdiques.
    Toi que rien n'excitait plus qu'aller au fond des choses, tu t'avoues tout d'un coup vaincu. Mais alors, cher ami, autant renoncer à tout ce que tu es, à tout ce qui t'a fait, à tout ce que tu aurais encore pu accomplir dans ta vie.Henri et René sont les Bouvard et Pécuchet des temps modernes.
    Amis, ils dissertent sur le monde en marche à chaque occasion que les circonstances leur tendent.
    Ainsi assiste-t-on au débat contradictoire des deux philosophes amateurs sur des thèmes aussi contemporains que l'attentat du 11 septembre, l'affaire Dutroux ou l'épidémie du sida. A l'heure où tout s'accélère, il est bon de retrouver le temps de penser.
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  • Les années 70 étaient celles d'un essor ; les années 80 et 90, celles d'un déploiement.
    Les lettres belges ont fait feu des quatre fers. Des auteurs ont poursuivi sur leur lancée comme Cliff, Compère, Crickillon, Lejeune, Mertens, Rolin, Verheggen ou Wouters. D'autres se sont trouvé un nouveau souffle comme Harpman, Jones ou Vaes. Et surtout, plein de nouveaux talents se sont révélés, et non des moindres : Berenboom, Bologne, Cels, Emmanuel, Lambert, Lippert, Nothomb, Outers, Roegiers, Tirtiaux, Toussaint.
    Les voici saisis dans le surgissement même de leurs livres, et parfois interrogés à bout portant, selon la méthode de De Decker, qui sait ce que lire et écouter veulent dire...

  • D'après Hérodote, historien grec du cinquième siècle avant Jésus Christ, Babylone «dépassait en splendeur toute autre ville du monde connu ». Elle aurait notamment abrité la mythique Tour de Babel, ainsi que les fabuleux jardins suspendus que les hommes de l'Antiquité considéraient comme l'une des sept merveilles du monde... C'est à la découverte de cette cité légendaire que nous convie ce très riche ouvrage, dans les pas du héros antique de Jacques Martin.
    La vie fastueuse des rois babyloniens, comme Nabuchodonosor, la richesse architecturale et l'intensité de la vie religieuse y sont retracés sous le pinceau de Jean-Marie Ruffieux avec un impressionnant luxe de détails. Outre Babylone, les cités de Khorsabad, Ninive et Assur sont également au sommaire de l'album. Une plongée dans le temps à savourer sans retenue.

  • L'ancien élève, ou mieux, le disciple d'un grand philosophe, dont l'enseignement et la bienveillance personnelle ont joué un rôle capital dans sa vie, revient d'un long séjour à l'étranger et son premier soin est de revoir son maître. Après de longues recherches, il découvre sa retraite. La découverte est navrante:ce brillant esprit, ce savant admiré et fêté, cet amoureux fougueux et romanesque, ce père enfin, ont fait place à une espèce d'animal farouche qui vit seul dans l'obscurité, replié sur lui-même en une sorte d'attente provocante et révoltée de la mort. Car cet homme est une victime de l'idée de la mort; elle s'est emparée de son esprit au point que toute activité, toute vie affective lui sont devenues impossibles. Aucune des hautes pensées qu'il inculquait jadis à ses élèves n'a eu de pouvoir contre l'horreur de cet anéantissement inéluctable. Il répond aux questions gênées de son disciple par des phrases comme:Rien n'est vrai, rien n'est hormis le mal de le savoir.Le disciple cherchera donc seul une telle maladie de l'âme:Ce sont peut-être les légers, les téméraires qui ont raison..., ceux qui acceptent le risque de se perdre sans espoir de compensation...Ce récit se distingue par une simplicité qui n'exclut pas une réelle science d'écriture, par son sens subtil des nuances et des atmosphères, sa pudeur, qui ne voile cependant pas le drame du disciple devant l'échec de son maître. --Ce texte fait référence à l'édition Broché.

  • Discours de réception de Lydia Flem à l'Académie royale de Belgique accueillie par Jacques de Decker.

  • Gilbert enseigne l'histoire du roman à des jeunes gens qui ne s'en soucient que fort peu. sa vie, en outre, n'a rien de bien palpitant. au moins d'apparence. et si elle était, elle aussi, un roman, tout compte fait ? un roman tissé d'histoires d'amour ébauchées, interrompues, en pointillé, un roman enfoui dans des lettres anciennes, qui disent la passion que l'adolescence a oubliée en cours de route... les parades de julien sont de plusieurs ordres ; c'est que chaque rencontre est une conquête, un refus, un jalon. le goût et la peur de vivre y sont également partie prenante. gilbert ignore s'il n'est pas, dans ce grand jeu qui le dépasse, surnuméraire. jusqu'à ce que... tissé dans le fil des jours, d'un transit, d'une quarantaine et, peut-être, d'un embarquement vers la terre promise...

  • Comme à vienne, chez schnitzler, ou à rome, chez marguerite yourcenar, avec {denier du rêve}, la vie passe, "la grande roue" tourne, d'une créature à l'autre, dans ce récit qui a bruxelles pour décor, et {la ronde} pour modèle. sans y prendre garde, on glisse d'une femme à un homme, d'une mère à son fils, d'un vieillard à un enfant, de la malade à l'infirmière, et soudain la boucle a retrouvé son point de départ, le tour est joué, le livre est fait, nous voici riches d'une galerie de personnages qui se sont affirmés en sourdine, avec l'attachante vérité du naturel.

    Et tous parents par la tendresse ou l'imaginaire, ces bruxellois - comme il y a les "dubliners" selon joyce - finissent par nous raconter merveilleusement une ville un peu magique, leurs amours, leurs déceptions et leurs rêves entrecroisés.

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