• Ce recueil réunit deux oeuvres poétiques de Jean-Pierre Verheggen : Gisella, paru en 2004 aux Editions du Rocher et L'Idiot du vieil âge, paru en 2006 aux Editions Gallimard. Le premier texte est une lettre d'amour posthume adressée à Gisella Fusani, le grand amour du poète décédé d'un terrible cancer. A travers ce bouleversant poème d'amour fou, elle ne cesse de vivre comme avant : belle, infiniment douce et magnifiquement rebelle. Le second texte est une somme d'excentries : l'Idiot est convaincu qu'il n'y a qu'une bonne cure d'idiotie et une solide dose de rire qui puissent nous permettre de tenter d'en sortir avant le rictus final. Ce volume comporte également un entretien inédit avec l'auteur, conduit par Éric Clemens.
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  • On râle, on bougonne, on ronchonne, on a ses manies, on «vieusit» mais, petit à petit, on se convainc qu'on peut rire de tout - y compris à gorge déployée! - à condition toutefois de ne pas avaler son dentier! Bref! Avec humour et autodérision, insolence et truculence, on se dit que - poétiquement parlant! : «Tout va très bien madame la Marcrise!»

  • «Il y a trente-six sortes de poètes : champêtres ou rodomonts, peuls ou auvergnats, voire ambigus et ambidextres à la fois! Il y a parmi eux des alcoolos, des mycologues, des indécis, des kamikazes, des inconnus et des curés de leur propre petite gloire locale personnelle! Sans oublier les agités du buccal et les centaines d'autres espèces. Poète moi-même - peut-être? (la question reste ouverte) -, j'en ai tiré quelques portraits, le plus souvent au tir à têtes de pipes. C'est que je n'attache jamais ma censure quand je conduis mon autodérision! Me voici donc fonçant à vive allure sur l'âge ingrat qu'est la vieillesse pour lui rappeler que je suis et veux rester une "personna non gaga" ou plus loin écrasant sans vergogne quelques nouveaux-nés choisis parmi nos récents néologismes abscons et technico-bluffeurs venus, une fois encore, s'embourber dans notre langue : procrastination, locaphage (ou locavore : au choix!), accidentogène et buvabilité, etc. Pan! Sans le moindre coup de frein! Pan dans le mille!»

  • « La Grande Mitraque, c'est le monde actuel dans ses aspects les plus immédiats, c'est aussi le conformisme, la bêtise, la cruauté de notre temps, c'est le baroque bariolé des Prisunic, la fureur des gadgets, c'est l'érotisme arrogant de la rue, des bars et des magazines ».
    - Extrait de la préface d'André Miguel.

    En mai 1968 paraissait la Grande Mitraque aux éditions Henri Fagne. « Envoie ce livre aux auteurs que tu aimes. » Voilà le seul vrai conseil que le poète André Miguel donna au jeune Jean-Pierre Verheggen à la sortie de ce livre. Pour les cinquante ans de ce livre mythique, L'Arbre à paroles publie une toute nouvelle édition, augmentée de certaines lettres reçues d'auteurs prestigieux (dont Norge, Louis Scutenaire et François Le Lionnais, cofondateur de l'Oulipo).

  • Sodome et Grammaire. Ou Sodome et Grosso Modo si l'on préfère ! Nous sommes en effet en Presque-Poésie. A l'orée. A l'oreille et Hardy comme il a déjà été dit et redit. Aux bords. Aux confins : entre à-peu-près, pataquès, persiflage - voire franche provocation ! - et joyeuse parodie. Aux limites imprécises. Là où les frontières sont tantôt floues tantôt fluides. Là où également tous les coups sont permis pourvu qu'ils mettent en évidence les infinies ressources de notre belle langue française tout en la défendant contre qui la voudrait aujourd'hui plus démunie et déshumanisée que jamais ou davantage surchargée de préciosités ridicules. Un uppercut donc - à la Cravan, s'entend ! - aux rappeurs Camembert ; un swing ou deux savates aux slameurs pompiers ; une claque en passant à la novlangue technologique ; une solide peignée au branchouille mode d'emploi sans oublier une chiquenaude amicale aux grands ancêtres d'anthologie car nul n'est parfait, n'est-ce pas ? Surtout pas l'auteur qui dans une ultime pirouette d'autodérision prend congé de lui-même en s'exclamant : salut l'Autiste ! Salut !

  • Auteur, entre autres, de "Frites l'amour, pas la guerre" ou de "Votez verres, votez alcoolos" à septante ans (soixante-dix pour les étrangers), Jean-Pierre Verheggen a estimé qu'il méritait de se voir attribuer le «prix Nobelge». D'où ce dossier de candidature comprenant le rappel des distinctions qu'il a déjà reçues ; son CV (à ne pas confondre avec son Ridiculum vitae révélé au public en 2001 dans la collection Poésie/Gallimard) suivi de la liste des nombreux textes inédits qu'il entend soumettre à l'examen des membres du jury et même du nom des concurrents qu'il craint de devoir affronter (sans toutefois les redouter) : Henri Michaux et Marie-Thérèse Philippot en Wallonie, Hergé à Bruxelles mais, en revanche, personne en Flandre, même pas le Flamand de Lady Chatterley.

  • De l'humour à «l'humort» (ce néologisme qui «n'langage que moi»), voilà qu'on passe tout à coup du rire au rictus et à la soupe à la grimace. C'est «langoisse», cette langue qui n'arrête plus de nous parler de ce qui nous menace. En attendant on cherche à faire avec, on s'occupe, on essaie de demeurer actif du ciboulot, on va voir des expos (pas trop), on préfère souvent taper le carton avec nos poteaux ou rester calfeutré chez soi pour soigner nos bobos «de vieux tableaux»! Mais surtout on lit et relit. En l'occurrence un livre fort à propos : L'Antagonie de Serge Sautreau, un petit chef-d'oeuvre de poésie hors du commun. Hors du commun des mortels!

  • Nous ne ferons pas ici le «ridiculum vitae» de Jean-Pierre Verheggen, né le 6 juin 1942, à Gembloux, d'un père français, originaire d'Orléans, et d'une wallonne. Ces deux langues, et l'italien de son épouse, dialoguent dans son oeuvre comme dans sa vie. «Assumant son rôle de bouffon, Verheggen dynamite la langue à grands coups de calembours et de lapsus dont les glissements successifs finissent par créer une langue nouvelle, issue d'un comique grivois, prolixe et diablement efficace.» Le Matricule des Anges. La langue lui échappe! Il lézarde les images figées et sacralisées des piedestalisés, qu'ils soient Nietzsche, Sade, l'auteur, le lecteur-auditeur, rien n'échappe à son irrespect. On retrouve cet anticonformisme dans les illustrations sonores du génial Antonio Da Palma, que l'auteur considère comme une autre "lecture" des poèmes qu'il interprète avec une virtuosité inégalable. Par de CD le luxuriant luxurieux Jean-Pierre Verheggen nous invite à tâter de sa langue dans une véritable relation charnelle.

  • ""La langue m'échappe, depuis toujours. Je n'arrive pas à la saisir. Je confonds tout : Freud et Fred, le danseur de claquettes ou, aujourd'hui Tintin et Desmond Tutu; Madame bovary et Monseur Bovidé. Ou Tirésias et Mamelle, j'en passe et de plus belges !" - "Je suis un handicapé de la langue, un languedicapé de naissance. Car cela remonte à fort loin : à ma tour de Babil, à mes trous de mèremoire, à une sorte d'ouïssance permanente et d'inconscient collecteur d'animalité, de refrains idiots, de rythmes naïfs et de bêtise lumineuse. A de temps ancestraux, abyssaux, troglodytiques : aux mille et débiles et une nuits!", Jean-Pierre Verheggen"

  • Devenu un livre de référence, cet ouvrage inclassable paru en 1978 chez Christian Bourgois dans la collection TXT tente de répondre à la question : quelle langue inventer, qui précipite l'effondrement des " modèles " idéologiques et des stéréotypes formels ? A lire : Ô très, très sauvage Belgique - En Russie, Milou couchait avec Tintin - Mais Spirou c'est mieux ! Plus mieux ! - Les aventures extraordinaires de petite mort, star...

  • Gisella

    Verheggen Jean-Pierr

    Que ce soit en princesse hatshepsout, à louxor, sur un dromadaire ; en reine de saba parcourant la grande garabagne namuroise ; en petite fille toscane dans son village natal de sorgnano di carrara ; en actrice, sensuelle et charnelle, du cinéma italien des années cinquante ou se consumant en cendrillon, petit tas de cendres, gisella fusani, qui est morte en septembre dernier au terme d'une longue et odieuse maladie, ne cesse de vivre dans ce bouleversant poème d'amour fou qui tente de nous la restituer telle qu'elle-même elle continue d'être : belle, infiniment douce et magnifiquement rebelle.

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