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  • La laisse de mer

    Christine Pic-Gillard

    "La période d'écriture de ces nouvelles s'étale sur une quinzaine d'années. Elles forment un ensemble cohérent, même si chacune d'elle est une histoire différente et complète. Le fil conducteur qui relie ces histoires est la mort du fils de la protagoniste.
    Si le point de départ est bien réel - la mort dans la première nouvelle -, les autres récits sont presque entièrement fictionnels du point de vue factuel. Cependant, le temps réel écoulé entre la première et la dernière nouvelle fait partie de la narration dont le thème est, plus que la mort et l'absence, le silence, comme un écho assourdissant de la douleur qui isole la narratrice mais qu'elle va intégrer peu à peu, jusqu'à être capable d'un retour vers les autres. Ces nouvelles sont la laisse de mer de la douleur." À partir d'un thème - la disparition du fils -, C. Pic-Gillard tisse un recueil proche des variations, au sens le plus musical du terme. Autour de ce sujet principal gravitent, apparaissent et disparaissent même, d'un récit à l'autre, un certain nombre de motifs... parmi eux: le corps de l'enfant, la solitude, le meuble, mais encore une certaine fétichisation et la mer, déjà présente dans le précédent opus de C. Pic-Gillard. Et le lecteur de retrouver l'écriture troublante - parfois vénéneuse - et à fleur d'âme d'une auteure qui confirme son talent dans les formes littéraires brèves et intenses.

  • « Je n'appartenais pas à l'élite et mes initiatives devaient se limiter à celles que pouvait prendre un Allemand ordinaire. Je ne pouvais pas m'identifier au héros de votre romancier Vercors et demander à mon colonel de partir sur le front de l'Est. Il aurait ricané et m'aurait dit de veiller à ce que nos véhicules démarrent quand les Américains nous tomberaient dessus. Ce que je fis. Je n'ai été qu'un rouage de cette grande machine, infernale, je vous le concède... Mais, pour changer de sujet, juste un tout petit peu, que pensez-vous de ce portrait ? Il aurait été difficile d'ignorer, en entrant dans le salon, le portrait, imposant par sa taille et son cadre, d'une grosse bourgeoise, allemande j'imagine. Portrait de facture classique si l'on était généreux, plutôt raté, si l'on considérait la crudité des couleurs, l'absence de nuances entre le rendu des chairs, abondantes, et des tissus qui servaient d'arrière-plan. - Vous aimez ? - Très sincèrement, non. » Si le lecteur retrouvera dans ce recueil La Croix-sur-Gartempe, le petit village de Haute-Vienne au centre de « Marceline et les autres », il voyagera également, dans le temps comme dans l'espace. Du XIVe siècle aux souvenirs de la Seconde Guerre mondiale, en passant par la nouvelle policière ou la fantaisiste « Femme sans tête », Jean-Claude Vignaud, en bon conteur, nous emmène là où il veut avec une aisance déconcertante.

  • « D'un coup, la porte claque. «C'est mon époux, me dit madame Hortense, je vais vous le présenter.» Monsieur Henri entre dans la pièce : un magnifique loup gris à la fourrure dense et au torse argenté. Ses yeux jaune orangé tirant sur l'ambre me fixent, un moment surpris de notre présence. » Prendre le goûter au sein d'une famille de loups, c'est, en soi, un événement pour le moins extraordinaire. Mais quand cette après-midi particulière devient l'occasion de percer le secret qui entoure ce couple et ses petits, et, peut-être, de lever la malédiction qui les frappe, les choses prennent une tournure fantastique pour la jeune Rose qui assiste à l'inconcevable. Conte illustré où il est autant question de don de soi que de protection de la nature, d'abnégation que d'amour de la vie sauvage, Le Manoir des désespoirs du peintre creuse un peu plus le sillon fantastique de l'imaginaire de son auteure, Anne Raynaud.

  • "Ainsi donc ses mains élégantes, ses mains sans histoire, délicates et fidèles, qu'elle avait si souvent gantées, pommadées, vernies au bout, avec des ongles qui faisaient sa fierté; ses mains d'espièglerie et de caresse, mains-farfadets, agiles, mobiles... ses mains-marionnettes... papillonnantes et rieuses, fuselées, aériennes... n'étaient plus que ces palettes pataudes?".

    Et voilà comme des riens du quotidien nous déstabilisent, au gré d'une plume légère, pleine de fantaisie et d'empathie.
    L'étrangeté, le voyage, des rencontres curieuses... On se promène dans les décors et les âges: un bord de mer, un chalet dans la neige, Vérone, Palerme ou Séville, la lune dans tous ses états qui rôde ou s'esquive. On côtoie une famille turbulente, un doux rêveur qui se fait assassin, un petit chien qui devient un héros, Belle traversant les siècles. Les personnages, parfois, d'un texte à l'autre se répondent. D. Giroud leur donne vie, explorant des situations, l'incertitude des sentiments, le poids de la laideur, la guerre; çà et là, la genèse de l'écriture, en flirtant avec le fantasque, l'étonnant et même le fantastique.
    Et le lecteur de se laisser porter et emporter par des histoires où le réalisme se fait tangent, où l'onirisme partout affleure, où les mots ensorcellent.

  • « Je suis restée assise sur ce petit rocher sur lequel j'aime m'évader, tout en rêvant à ce que ma propre vie pourrait m'apporter comme joie... Soudain j'ai eu une lueur dans mon esprit qui m'indiquait qu'il fallait que je change mon mode de vie afin de lui redonner un sens. » Alexandra Masri présente ici un ouvrage où la passion est au coeur du récit et se décline sous toutes ses formes : amoureuse, obsessionnelle, dangereuse, dévastatrice, ravageuse... Mêlant ainsi nouvelles fictives et témoignages sur l'amour, la romance et la spiritualité, ce recueil saura plaire à tous et notamment aux éternels romantiques.

  • « Elle veut être seule pour souffrir, mais elle est effrayée par ce qui l'attend. Les autres mères du camp l'ont prévenue, sans adoucir leurs propos, au contraire... Pour faire preuve d'héroïsme, de courage, sans doute, comme on raconte une bataille gagnée. Elle attend Tania la vieille, celle qui assiste les femmes en couches, celle qui soigne et sait prononcer les paroles apaisantes. Kambi jette un coup d'oeil par la fenêtre entrouverte. Elle regarde les cyprès onduler doucement, elle entend des rires, des chants, des claquements de mains, des enfants qui se pour-suivent, des discussions. Comme elle les envie ! Qu'ils sont heureux, ceux-là, qui ne souffrent pas, insouciants, gais, bavards. Elle transpire. Ses longs cheveux noirs sont collés à ses tempes. Elle finit par hurler... » «La vie se termine en queue de poisson... Paradoxalement, pour moi, la vie grouille dans les cimetières. Je le ressens ainsi. Tous ces gens qui se pensaient si nécessaires, si importants, ont disparu. C'est la règle, personne n'y peut rien ! Tout passe : nos bonheurs, nos chagrins... tant mieux ! Certaines tombes m'ont intriguée : peu d'informations, vieillottes, originales, chargées ou sobres... J'ai tenté d'inventer quelques vies de leurs «habitant(e)s». » En guise d'hommage, l'auteur s'empare de l'inconnu pour réinventer des vies, nous offrant par là même une belle galerie de portraits qui, aussi fictifs soient-ils, frappent par leur justesse.

  • Païen

    Fanto Amaryllis

    « Au début il n'y avait rien. Et de ce rien naquit quelque chose. Quelque chose créa autre chose. Puis cette autre chose apprit à vivre sans quelque chose. Alors quelque chose cessa d'exister pour autre chose. Autre chose vécut, puis mourut. Et à la fin, il n'y eut rien. » L'existence et la mort, la beauté dangereuse et puissante des éléments, moi et les autres, moi contre les autres... Ces thèmes, travaillés par l'écriture limpide - parfois même terriblement limpide -, d'Amaryllis Fanto donnent naissance à un recueil de textes bruts, balançant entre cruauté, résignation et désespoir. Une première oeuvre inclassable, à la lisière du conte, du poème et de la nouvelle, dont on sort ébranlé.

  • Garder le chat... et autres nouvelles est une réécriture enrichie du recueil publié en 2004 et épuisé aujourd'hui. De Judith, mère d'un bébé étrange, à Sarah, qui a perdu le sien, en passant par Antoinette, vieille paysanne beaujolaise à l'espoir usé, ou par Marceline, poussée par une haine meurtrière, Isabelle, Léna, Béatrice, Suzy, Laura et Cécile, les autres héroïnes de ces nouvelles nous emportent dans les méandres de leurs vies tourmentées... avec ou sans chat ! Des destins différents mais des émotions fortes et des sentiments dans lesquels chaque lecteur peut se reconnaître.

  • « À cause de cette satanée faïence, je perdis presque instantanément tous mes repères dans le couloir infernal. Les bras tendus comme le Christ sur sa croix, je dus prendre appui sur chacun des deux murs pour lutter contre cette inévitable sensation de roulis qui m'envahissait. J'avançai péniblement en faisant glisser mes mains sur les carreaux glacés. Un instant, j'eus le sentiment de basculer pour de bon, voire de partir pour un tonneau complet. Passager impuissant d'un avion en plein meeting de voltige. Ma tête tournait et mes quatre membres devenaient de plus en plus lourds, comme submergés par les accélérations d'une trajectoire impossible. Je voulais absolument m'extraire de ce conduit, atteindre les quelques marches en bois qui me ramèneraient inévitablement à la réalité. Je réussis, au terme d'un effort surhumain, et dans un temps impossible à estimer. » En cinq nouvelles, Stéphane Marquier propose autant de variations sur les thèmes du fantasme et de ces présences qui nous accompagnent, secrètement, pour toute une vie ou seulement quelques instants. Des récits oniriques où le réel et le quotidien se lézardent étrangement, où des basculements proches du fantastique créent, autour des voix narratives, des atmosphères fascinantes.

  • Le temps d'un oubli

    Laurent Karsenti

    « Depuis un mois, Pierre avait rempli des pages et des pages sur son journal. Il avait retourné la ?scène de la voiture? dans tous les sens. Il avait sondé la mémoire d'Hanna pour obtenir le moindre indice, pour pouvoir interpréter chaque symbole. Mais il n'avait rien trouvé de concluant, rien qui ne puisse délivrer sa mémoire prisonnière de l'oubli... De plus, elle ne supportait plus ses questions à propos de cette scène, de ce cauchemar. Alors, il arrêterait de la harceler... Elle se fatiguait aussi à raconter leur histoire, elle souffrait de devoir lui montrer les gestes tendres qu'il avait pour elle avant l'accident, les mots doux qu'il avait l'habitude de lui souffler à l'oreille : ?Nanouch, tu es ma vie !? ou ?le plus beau rôle de toute ma carrière, je l'aurai joué auprès de toi? ou encore ?Après Tristan et Iseult, Roméo et Juliette, voici Pierrot et Hanna?, tous ces mots que Pierre avait oubliés ».
    Un accident de voiture... et les ténèbres de l'amnésie se sont refermées sur Pierre, le conduisant auprès d'une femme qu'il ne connaît pas, dans un quotidien qu'il ne maîtrise plus, à la recherche de lui-même et d'un passé toujours plus inaccessible. À partir de ce matériau, L. Karsenti construit une nouvelle faite de sables mouvants, de fragments et d'éclats, qui nous propulse dans un univers où les limites entre l'étrange et le familier se brouillent, et qui interroge les non-dits d'un couple qui ne cesse de se craqueler.

  • « Prendre des risques, écrire à partir de la marge, être étranger chez soi. La maison de l'étranger est l'art, la littérature en particulier. Il y retrouve sa terre et son exil. Il y rencontre à la fois sa demeure et l'exclusion de cette demeure. L'aliénation, de ce merveilleux mot estrangement en anglais. Le processus qui transforme quelque chose de familier en quelque chose de non familier. D'étrange, même. Être artiste, c'est débusquer l'inquiétante étrangeté de l'être au sein du familier. C'est être défamiliarisé, par soi-même ou par les autres. Comme circuler en train dans un paysage que l'on connaît ? on (y) est à la fois le même et un autre ».
    Un travail sur le temps, son épaisseur et sa densité, les sensations et impressions qu'il laisse en nous : voici ce qui semble être un moteur dans l'écriture de ces courts textes qui captent, avec cet outil imparfait qu'est la langue, tout ce qui peut se passer l'instant d'une rencontre, lors d'une confrontation à une ?uvre d'art, durant un moment a priori anodin. De là, peut-être, ce style à l'infinitif, ces phrases averbales, qui tentent de retenir les émotions et pensées, de les figer sur la page pour en faire comme des trésors à revenir, plus tard, contempler et méditer.

  • « La vie est faite de pages. Sur chaque page s'écrit un nouveau jour. Sur toutes les pages, reste éveillé ce cirque que représente la vie sur scène de tous ces artistes, hommes et femmes, effectuant un tour. Les pages se tournent en même temps que le cirque tourne ; pour donner vie aux idées, aux rêves, aux projets. » « Quelle est la meilleure société ? Celle d'un système capitaliste ou communiste ? » Vous aurez les réponses à ces questions, et à bien d'autres encore, en lisant le recueil de Jean-Baptiste Paquy. Si ces dix nouvelles se déroulent dans des univers oniriques, peuplées d'éléments fantastiques, l'auteur n'en oublie pas, pourtant, d'évoquer, avec pudeur et sensibilité des sujets sérieux et philosophiques qui nous concernent tous. Préparez-vous à découvrir un Homme-lion, des machines à remonter le temps, l'Atlantide ou encore le Petit Prince.

  • Les chroniques

    Amadou Alain Ndiaye

    « Les Sénégalais de Treichville étaient fiers quand Modou garait sa belle et rutilante voiture devant leurs ateliers crasseux et qu'il faisait monter ses amis avec leurs habits chiffonnés dans une Chevrolet Malibu avec, pardon, une plaque d'immatriculation diplomatique. Oui, ils étaient aux anges, admiratifs certes, mais dignes jusqu'au bout des ongles. Chacun d'eux tenait à payer à Modou un pot pour lui témoigner son amitié, et lui prouver qu'il ne le suivait pas pour profiter de son statut de fonctionnaire international. » Les Chroniques d'Amadou Alain Ndiaye nous font voyager au sein de la société sénégalaise. L'auteur passe en revue le quotidien d'individus ordinaires, avec leurs travers ou leurs hypocrisies, le tout à l'aide d'une plume railleuse et énergique. Les différentes nouvelles, grâce au regard aiguisé de l'auteur, réussis-sent avec brio à croquer des personnages plus vrais que nature, avec à chaque fois des dénouements surprenants. À lire sans modération.

  • « C'était ma faute, ce fut ma faute, cela reste ma très grande faute... » Tel est le message destiné à ceux qui survivront à l'auteur... D'une lucidité chirurgicale, ce bilan au cordeau d'une vie à côté de laquelle il est passé, et ce, de son propre fait, ce mea culpa d'un destin dont il est l'unique architecte et le seul destructeur, Jean-Philippe Fresnoy explique en quelques pages, dont 25 années d'une analyse avec un psychiatre, pourquoi et comment, un jour, son âme fuguera. Du Mâle d'Amour au Mal de Mère, de Charybde en Scylla, il vomit cette existence qui l'expose à la perte de l'Être qui lui est le plus cher : sa Mère ! « Vous êtes quelqu'un d'étrange jusqu'au malaise ! » A. K.

  • « Bien qu'il fût parfaitement conscient qu'Épiphanie ne lui serait pas rendue, et que pour la revoir il lui faudrait la rejoindre, Petit Paul ne doutait pas un instant qu'elle continuât de le voir et de veiller sur lui, même de très Haut. » Petit Paul, écolier, rentre chez lui et découvre sa maman morte dans son lit. Du lundi au dimanche, ce sont les sept derniers jours d'une courte vie qu'il ne peut concevoir sans celle que la destinée vient de lui arracher cruellement. Mais loin d'être une séparation, ce conte fantastique est avant tout l'histoire de retrouvailles d'outre-tombe, d'une union que l'éternité scellera définitivement.

  • Vintage

    Claude Mouligne

    « Hélas ! Le bonheur est éphémère et la guerre sonnait à nouveau la fin de la récréation. » Avec Vintage, Claude Mouligné remet au goût du jour ses souvenirs. Au travers de ses nouvelles autobiographiques, l'auteur nous fait revivre les années mouvementées d'avant et après-guerre. Nous découvrons avec délice la rencontre de ses parents, l'enrôlement de son père pendant la Seconde Guerre mondiale, mais aussi ses souvenirs d'écoliers, notamment pendant la classe de Monsieur Barut, puis ses études de médecine et le choix de sa spécialisation, pour finir par sa rencontre avec son grand amour, Marie. Si Claude Mouligné excelle pour coucher sur le papier ses souvenirs personnels, il possède également un talent certain pour créer un personnage de femme forte, Natacha. Entre fiction et réalité, l'auteur nous transporte dans un univers fait de nostalgie et de tendresse.

  • Mots croisés

    Marc Fafiotte

    « Que je le veuille ou non, je suis à la recherche de fantômes et certains doivent rôder dans la forêt de cèdres ; je ne maîtrise pas du tout cette recherche. Quel est le bon chemin ? Faire, selon l'expression, table rase du passé ou m'abîmer dans des souvenirs constants, qu'ils soient plaisants ou douloureux, je ne le sais pas. Dans quelques heures, dans quelques jours ou plus tard encore, je trouverai peut-être une réponse à cette question. » Marc Fafiotte, dans son nouveau recueil, réussit en croisant des mots, à inventer des brèves de comptoir plus vraies que nature. Au travers de ses nouvelles, l'auteur se plaît à imaginer les vies potentielles de celles et ceux qu'il croise, que ce soit au détour d'une conversation ou suite à une simple remarque entendue dans la rue. Et comme dans les mots croisés, les différentes histoires peuvent se savourer dans n'importe quel ordre sans perdre son sens. Sentez-vous libres de commencer la lecture par la fin si cela vous chante !

  • Détente et divagations

    Fernand Moll

    « Voilà ! Je sais comment opérer demain dimanche. Pouvoir enfin tirer cette bécasse, qui depuis plusieurs jours me tourmente et me ridiculise. » Un agriculteur partageant sa passion avec l'un de ses fils ; un amour impossible ; une chasse à la bécasse ou encore un jeune homme qui rêvait de caresser les étoiles, voici ce qui vous attendra dans le nouveau recueil de Fernand Moll. À travers ses nouvelles, l'auteur mêle habilement passé et présent, fiction et réalité pour nous emporter dans son univers tendre et intimiste. Des contes dans lesquels les plus jeunes pourront trouver des réponses subtiles aux questions qu'ils se posent.

  • « Elle se concentrait toujours sur sa respiration à lui pour apaiser son coeur. Parfois, lorsque sa fatigue affaissait ses épaules, Jean posait la tête d'Emma contre sa poitrine. Ils ne bougeaient plus. Emma devenait légère, ses paupières se fermaient. Jean sentait qu'elle s'apaisait enfin. Ses pensées s'assoupissaient aussi. Il osait caresser sa nuque, ses épaules sans qu'elle ne s'en aperçoive. » Sous le ciel de Paris se succèdent des histoires d'amour passionnées. D'un récit à l'autre, Jean, Emma et Adèle traversent ensemble des étapes cruciales de leur existence. Les femmes y sont souvent habitées par une tristesse profonde et inconsolable que l'amant va tenter d'apaiser. L'imagination du lecteur est ici habilement sollicitée pour combler les ellipses de récits au lyrisme envoûtant et tisser des liens entre les différents personnages. Au fi l des pages, leurs présences se mêlent pour composer un étonnant kaléidoscope des relations amoureuses.

  • Selayê

    Greice Martins

    « Les seresteiros s'en allaient. La jeune fille, tout éveillée, ne pensait qu'à l'amour. Les dames pensaient aussi à l'amour, mais à cet amour qu'elles avaient laissé tomber. Quoique s'il n'était jamais parti, elle l'aurait retenu, si elle avait oublié son orgueil heurté ? Comment serait sa vie ? Auraient-ils eu des enfants et des petits-enfants ? Tout se serait peut-être terminé très tôt. Pendant la première trahison ? » Le nouveau recueil de Greice Martins, Selayê, nous offre une galerie de chroniques toutes plus délicieuses les unes que les autres. Au gré de son style léger et aérien, l'auteure nous transporte dans son pays d'origine, à Bagé ou encore sur la place Silveira Martins. La plume de G. Martins délivre un message humaniste et bouleversant tout en nous touchant profondément dans notre âme.

  • « Après l'avoir visité de fond en comble, mû par une intuition irrésistible, il pressentit l'existence d'un mystère. Ses pas le menèrent irrésistiblement vers la chambre à coucher de Léonard qu'il examina soigneusement, avec une grande émotion. Dépouillée de ses meubles et de ses tableaux, les lambris imparfaitement joints de la porte secrète étaient perceptibles... et notre jeune homme découvrit le cabinet secret ! » 1771, un vagabond s'endort sous un arbre où il y fait un rêve étrange et pénétrant : un homme vêtu de noir avec une grande croix de Malte rouge vient le chercher et l'emmène dans son château... C'est l'une des cinq histoires singulières et ésotériques dont nous régale Agalmar. Ces contes initiatiques nous transportent dans des univers mystérieux et énigmatiques dans lesquels nous côtoyons aussi bien Richard Wagner, Léonard de Vinci qu'Akhénaton. L'auteur nous offre un recueil fourmillant de références culturelles, littéraires ou musicales que le lecteur sera ravi de découvrir au fil de sa lecture.

  • « Il sentait que c'était vraiment la fin. Tous ses amis, ses relations de la ville, tous les êtres humains étaient sûrement décédés à cette heure. Lui survivait encore pour quelques instants. Quel avenir pour cette planète en cours de destruction ? Allait-elle subsister telle une étoile morte, dérivant dans l'espace, ne conservant aucune trace de la vie qui durant des millénaires l'avait différenciée des autres astres ?... Bruno s'allongea sur sa couche, se recouvrant de toutes les couvertures qu'il put trouver, et sereinement, il attendit la mort. » De la Saint-Barthélemy à une apocalypse climatique, d'une malédiction indienne à la dernière mission d'un agent des services secrets, Serge Albagnac poursuit son kaléidoscope de genres et d'influences. Les nouvelles se suivent et ne se ressemblent pas, offrant au lecteur une oeuvre plurielle, tout en rupture de ton, qui saura captiver un large public.

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