Langue française

  • Grand union

    Zadie Smith

    • Penguin
    • 29 Septembre 2020

    The first ever collection of stories from the bestselling and beloved author of Swing Time and White Teeth 'Zadie Smith is the best writer of our generation' Gary Shteyngart 'Her dialogue is pitch-perfect, her comic timing masterful... [And] she also delivers a sophisticated commentary on race, gender, class, celebrity and power' Telegraph on Swing Time 'Smith is virtuosic, as ever, on family and friendship, and her ability to write about large-scale social injustice without losing her neutral novelist's gaze is breathtaking' Times Literary Supplement on Swing Time In the summer of 1959, an Antiguan immigrant in north west London lives the last day of his life, unknowingly caught in someone else's story of hate and division, resistance and revolt. A mother looks back on her early forays into matters of the human heart - and other parts of the human body - considering the ways in which desire is always an act of negotiation, destruction, and self-invention. A disgraced cop stands amid the broken shards of his life, unable to move forward into a future that holds no place for him. Moral panic spreads like contagion through the upper echelons of New York City - and the cancelled people look disconcertingly like the rest of us. A teenage scion of the technocratic elite chases spectres through a premium virtual reality, trailed by a little girl with a runny nose and no surviving family. We all take a much-needed break from this mess, on a package holiday where the pool's electric blue is ceaselessly replenished, while political and environmental collapse happen far away, to someone else. Interleaving ten completely new and unpublished stories with some of her best-loved pieces from the New Yorker and elsewhere, Zadie Smith presents a dizzyingly rich and varied collection of fiction. Moving exhilaratingly across genres and perspectives, from the historic to the vividly current to the slyly dystopian, Grand Union is a sharply alert and prescient collection about time and place, identity and rebirth, the persistent legacies that haunt our present selves and the uncanny futures that rush up to meet us.

  • Avant d'être le génial auteur de la Recherche, Proust écrivit des nouvelles inspirées de sa jeunesse dans les salons mondains, entre découverte du désir et amour qui fuit, frivolité et profondeur, apparence et rivalité. C'est là qu'il met à l'épreuve son style, ses images, ses intuitions. Ce sera, en 1896, Les Plaisirs et les Jours. Mais peu avant la publication du recueil, Proust choisit d'en retirer quelques nouvelles, qui restèrent secrètes durant plus d'un siècle. Était-ce parce qu'il s'y confiait, presque sans dissimulation, sur son homosexualité, vécue comme une malédiction ? Voici ces textes, fragiles, imparfaits, inaboutis, qui auraient si bien pu ne pas nous parvenir, et pour cela si émouvants. On y lit, en miniature, toutes les obsessions qui seront celles de la Recherche : l'amour malheureux, la fuite du temps, la satire sociale. En une phrase, une fulgurance, le futur Proust est déjà là. En nous faisant entrer comme jamais dans sa conscience, Proust nous ouvre son atelier de travail, son secret laboratoire, et le journal intime qu'il n'a pas écrit.

    Suivi de : « Aux sources de la Recherche du temps perdu », notes de travail de Proust.

  • Depuis sa loge ou avec son unique ami, Gaston, le balayeur du quartier, Madame Dodin, la concierge du numéro 5 de la rue Sainte-Eulalie, ne cesse de maugréer et de manifester son mécontentement aux locataires : «¹Pourquoi faut-il qu'il y en ait qu'une seule qui vide les chiures de cinquante autres ? » Dans ce texte féroce, portrait intime et social, Marguerite Duras déplie un aspect méconnu de son écriture et dévoile une plume toute mordante et caustique.

  • « Légendes saisies en vol, fables ou apologues, ces Nouvelles Orientales forment un édifice à part dans l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, précieux comme une chapelle dans un vaste palais. Le réel s'y fait changeant, le rêve et le mythe y parlent un langage à chaque fois nouveau, et si le désir, la passion y brûlent souvent d'une ardeur brutale, presque inattendue, c'est peut-être qu'ils trouvent dans l'admirable économie de ces brefs récits le contraste idéal et nécessaire à leur soudain flamboiement ».
    Matthieu Galey

  • Dans ces trois textes contemporains des Fleurs du Mal - De l'essence du rire, Quelques caricaturistes français et Quelques caricaturistes étrangers -, Charles Baudelaire évoque, questionnant le rire et son innocence présumée, de nombreux noms de caricaturistes : Daumier, Gavarni, Hogarth... Alors critique d'art, il y excède cependant la forme de l'article, transformant ces réflexions sur le rire et la caricature en un petit triptyque secret pour sa poétique de la modernité.

    « Loin de se résumer à une façon accidentelle de croquer le réel et d'en faire rejaillir, par un effet de déformation concertée, les irrégularités et les hideurs, la caricature est pour l'artiste un instrument de recherche et un lieu d'invention. Elle est un miroir qui pense. » Henri Scepi

  • Aller aux fraises

    Eric Plamondon

    • Quidam
    • 4 Février 2021

    Aller aux fraises, c'est partir en voyage au Québec, avec une langue qui sillonne les bois, les champs, les usines, les routes sans fin, les bords de rivière. C'est le sort de ceux qui deviennent extraordinaires à force d'être ordinaires. On s'y laisse porter par les souvenirs d'un père qui s'agrègent pour devenir les légendes du fils. Ce fils qui veut construire son propre récit et qui retrouve sa mère le temps d'un nouveau cycle.
    Eric Plamondon raconte la démesure de l'ordinaire. C'est sur le vif, drôle et émouvant.

  • Refus d'obéissance rassemble le texte « Je ne peux pas oublier », publié en 1934 dans la revue Europe, dans lequel Jean Giono livre un véritable plaidoyer pour la paix, et quatre chapitres inédits du Grand troupeau, où il décrit dans une langue bouleversante de réalisme la vie, l'attente et surtout la peur des soldats de la Grande guerre.

  • « J'ai retrouvé une lettre de P. dans un dossier de factures datant des années quatre-vingt. Une grande feuille blanche pliée en quatre, avec des taches de sperme qui avait jauni et durci le papier, lui donnant une contexture transparente et granuleuse. Il y avait seulement écrit, en haut, à droite, Paris, 11 mai 1984, 23 heures 20, vendredi. C'est tout ce qu'il me reste de cet homme. »Passion sensuelle, amour maternel heurté, vertiges du transfuge, écriture-révolution, hommage à Pierre Bourdieu... En douze textes, composés entre 1984 et 2006, ce recueil est une invitation à découvrir l'écriture rare d'Annie Ernaux et à s'initier, pas à pas, à ses thèmes les plus obsessionnels et fondateurs.

  • « Pour les sombres luzernes et les sainfoins odorants, Roussard, le lièvre roux roux du bois de Valrimont, se rendant à l'invite de la sécurité crépusculaire, allait quitter le fourré de ronces de la Combe aux Mûres, où il s'était gîté par une aube de juin. Il y avait dormi les yeux ouverts, comme s'il eût craint que ses oreilles mobiles de vieux chemineau forestier ne pussent suffire à explorer les bruits de la campagne ; et le décor du sous-bois, changeant avec la lumière que secouaient les frondaisons, favorisait dans ses somnolences les cauchemars quotidiens qui trouaient son repos d'épouvantes tragiques. »     Renard, fouine, lièvre ou grenouille, tels sont les héros de ces cinq contes tragiques composés par l'auteur de La Guerre des boutons.

  • « J'en tremblais, mon coeur brûlait d'amour sublimé, le vent soufflait, le ciel était gris et sauvage, mais de temps en temps un soleil pâle faisait briller les vaguelettes, tout était un peu sombre mais vivant, contrasté, plein d'espoir. » Ces neuf nouvelles nous placent à la lisière de deux mondes, là où se croisent humains en déroute et animaux semi-sauvages. Chacun tente de rejoindre l'autre, mais l'on ne sait qui, de la bête ou de l'humain, est en quête de protection. La cane Frou-Frou ou l'homme qui prend farouchement soin d'elle ? Une fillette ou son cheval Mensonge, qui l'emmène loin de l'hypocrisie des adultes ? Une mère endeuillée ou l'écureuil qu'elle nomme Rudi en hommage à son fils disparu ? Autant d'alliances discrètes, autant d'existences menacées mais libres à leur manière.

  • Recherché pour meurtre et poursuivi par la police, un Noir américain s'est glissé dans un trou d'égout. Réfugié sous la ville, il découvre un monde étrange, humide et mystérieux, un monde aux règles différentes de celui «sur terre», celui des Blancs.
    Un texte d'une grande force par l'auteur de Black boy et des Enfants de l'oncle Tom.

  • «Au fil des ans, les deux frères durcis par l'altitude avaient commencé à redouter l'approche du 24 décembre. Fêter la naissance du stoïcien crucifié par une bombance heurtait leur protestantisme. Et ces airs ravis des convives qui vous plantaient des couteaux dans le dos sitôt la porte fermée...
    Ce soir, ils aspiraient à l'air sec, au vin clair, à la nuit pure. Ils allaient vivre un réveillon digne de Zarathoustra, sur la corde raide, pendus au câble d'acier.
    La cabine du téléphérique serait le lumignon de leur rêve, accroché au plafond de la nuit.» Des quatre coins du globe, les héros agités de ces nouvelles invitent à des voyages lointains ou intérieurs.

    Nouvelles extraites du recueil S'abandonner à vivre.

  • Voilà treize jours qu'Ariane a posé ses valises dans cette villa de la côte d'Albâtre. Pour elle et sa fille de 3 ans, une nouvelle vie commence. Mais sa fuite, de Paris à Veules-les-Roses, en rappelle une autre, plus d'un siècle plus tôt, lorsqu'une fameuse actrice de la Comédie- Française vint y cacher un lourd secret. Se sentant observée dans sa propre maison, Ariane perd peu à peu le fil de la raison...

    Bienvenue au pays de Caux, terres de silences, de pommiers et de cadavres dans les placards...

    Dans les romans de Michel Bussi, vous étiez surpris jusqu'à la dernière page...
    Dans ses nouvelles, vous le serez jusqu'à la dernière ligne.

  • « Au fond, au fin fond de tout, le si justement célèbre IKB ( International Klein Blue) est une prise en compte directe de la vie, hors de toute béquille discursive, un désir de coïncider dans l'instant avec la pulpe du réel. De quoi est-il question, effectivement, en ces altitudes bleuissantes, sinon d'une vie véritable et vivante perçue comme un viatique ébloui - d'une fusion continue entre pensée et sensibilité ?
       Bleu des premières secondes de l'univers. Bleu pour rêver plus juste. Bleu pour enlacer la vie. Bleu pour n'en jamais revenir. »    Une immersion, en abécédaire, dans toutes les nuances sensibles du bleu.

  • Sept nouvelles admirables qui déclinent le thème des derniers jours : ce qui se défait, se brise, s'achève dans la vie des êtres, dans leurs amours, dans leurs rêves, dans la transmission, dans notre monde...
    Dans « Sous la mer », une jeune mathématicienne qui n'a pu donner la vie se tourne vers les « sciences du vivant » et, consciente du péril qui nous guette, choisit de fusionner avec le monde sous-marin lors d'une ultime plongée en mer d'Oman.
    Dans « Toussaint », un vieux garçon vierge et sensible, chef de bureau de la préfecture de Bastia, se blesse en rentrant chez lui. Une jeune gitane lui porte secours. C'est la seule fois de sa vie qu'il tiendra, fugitivement, une femme dans ses bras. Un geste maladroit et l'oiseau s'envolera...
    Dans « Un fait divers », une vieille dame qui toute sa vie fut enseignante de français en Belgique est agressée dans la banlieue de Lille. A l'hôpital, elle est gagnée par le ressac des émotions littéraires de sa vie. Son esprit s'y abandonne avant de s'éteindre dans le magnétisme heureux de ce monde intérieur.
    A « Hosterre », dans les années 20 du siècle dernier, le gardien solitaire d'un domaine abandonné dans les brumes de l'Atlantique, veuf sans enfant, se prend de tendresse pour la fille du Marquis d'A+++. L'enfant se noie par accident, un jour où il est absent. Le retour sur les lieux de la mère de la petite noyée mettra à nu son obsession, et le conduira à une issue tragique.
    Dans « Armal », un diplomate part dans les Asturies pour y revoir l'ancien maître d'hôtel de la femme qu'il a aimée, qui lui a écrit pour lui demander d'aider sa fille après sa mort, toute proche. Il arrive trop tard, tombe amoureux de la jeune femme dans les jours de deuil et de trouble qui suivent les obsèques. Avant d'être rendu à sa solitude ...
    Dans « Samedi saint », le curé d'une paroisse romaine qui a perdu la foi erre dans l'attente de Pâques au fil des rencontres prévues ou imprévues d'une longue journée. Le handicap profond du fils d'un ami très proche le hante et il songe, tandis qu'approche la nuit pascale, à quitter l'Eglise, sans en attendre de remède.
    Dans « Le dernier élève », une ancienne cantatrice, devenue professeur de chant, n'a plus qu'un élève, un jeune ténor japonais, qui observe avec affection cette femme qui enveloppe ses regrets d'un halo de grandeur rêvée. Lors d'une de leurs leçons, son mari, auquel le jeune homme porte un attachement discret, meurt d'une attaque. C'est leur ultime rencontre...

    Une écriture somptueuse, une sensibilité extrême domptée par le classicisme de la langue : un bijou de littérature !

  • Presqu'îles

    Yan Lespoux

    • Agullo
    • 21 Janvier 2021

    Un coin secret de champignons. Un tracteur en boîte de nuit. Une vierge phosphorescente. Un concert fantôme. Des chemins de sable qui serpentent entre les pins jusqu'à l'océan.
    L'envie de partir et le besoin de rester...
    Presqu'îles, ce sont des tranches de vie saisies au vol, tour à tour tragiques ou cocasses qui, à travers les portraits de personnages attachés de gré ou de force à un lieu, les landes du Médoc, parlent de la vie telle qu'elle est, que ce soit là ou ailleurs. Au fur et à mesure que ces textes courts se répondent et s'assemblent, un monde prend forme. Celui de celles et de ceux dont on ne parle pas forcément, que l'on ne voit pas toujours.
    /> Sans pathos, au plus près de son sujet, Yan Lespoux dessine un archipel de solitudes qui touche à l'universel.

  • Calligram et Christian Gallimard font un reprint d'un vieux livre de la bibliothèque de Paul Gallimard, père de Gaston Gallimard, grand bibliophile et collectionneur de tableaux.

  • À Bruxelles, l'enregistrement d'un virtuose du violon fait apparaître des fantômes ; à Kosice, Slovaquie, un homme adopte un ours ; un autre oublie son téléphone dans un restaurant d'Helsinki ; à Paris, des collectionneurs sans scrupules se refilent un douteux manuscrit de Napoléon ; une tranquille maison de campagne dans les montagnes de Serbie devient le rendez-vous des amateurs de soucoupes volantes ; un couple en détresse visite le musée de Gand ; une pêche à l'otter tourne à l'aigre dans l'Aude ; un érudit reconnaît sa mère à l'arrière-plan d'une photographie célèbre...L'univers de ces dix-sept nouvelles captivantes varie entre un réalisme grinçant et un fantastique parfois teinté d'une mélancolie légère. Grégoire Polet y restitue avec vigueur et humour la vérité des êtres tout en ménageant des échappées vers le rêve.

  • « Non, quoi qu'en disent les amants et les poètes, ce n'est point loin des cités fastueuses, ce n'est point dans la solitude et sous le chaume, que l'amour règne avec le plus d'empire. Il aime l'éclat et le bruit, il s'exalte de tout ce qui satisfait l'ambition, la louange, la pompe et la grandeur. C'est au milieu des passions factices, produites par l'orgueil et par l'imagination, c'est dans les palais, c'est entouré des plus brillantes illusions de la vie, qu'il naît avec promptitude et qu'il s'accroît avec violence ; c'est là que la délicatesse et tous les raffinements du goût embellissent ses offrandes, président à ses fêtes, et donnent à son langage passionné des grâces inimitables et une séduction trop souvent irrésistible ! » Dans cette nouvelle historique, voyage subtil sur « la carte de Tendre » paru à l'orée du XIXe romantique, Madame de Genlis (1746-1830) porte ses deux héros, mademoiselle de Clermont et le duc de Melun, au rang d'amants maudits de la littérature.

  • Avant de devenir le célèbre dessin animé de Takahata Isao, La Tombe des lucioles est une oeuvre magnifique et poignante de l'écrivain Nosaka Akiyuki. L'histoire d'un frère et d'une soeur qui s'aiment et vagabondent dans l'enfer des incendies tandis que la guerre fait rage ; une histoire qui est celle que Nosaka vécut lui-même, âgé de quatorze ans, en juin 1945. Mais Nosaka, c'est aussi un style inimitable, une écriture luxuriante que l'on reconnaît d'abord à son brassage de toutes sortes de voix et de langues.
    Une prose étonnante, ample, longue, qui réussit à, concentrer en une seule phrase des couleurs, odeurs et dialogues, secouée de mots d'argot, d'expressions crues, d'images quasi insoutenables, qui trouvent ici une beauté poétique et nouvelle.

  • « Des bruits couraient au sujet de ce bâtiment, où certaines personnes se seraient égarées et n'en seraient jamais ressorties...» Un homme se rend aux objets trouvés pour y récupérer son portefeuille, mais n'ignore pas ce qui se raconte à leur sujet. Un vieil écrivain aperçoit entre les mains d'un passager de l'autobus le livre qu'il aurait dû et n'a cependant jamais écrit. Un politicien, après avoir discouru, écoute la cassette de son intervention et découvre avoir été enregistré toute sa vie. Dans les vingt nouvelles qui composent ce recueil, le fantastique se faufile imperceptiblement à travers les interstices de la banalité.

  • On connaît Rousseau comme l'auteur d'un seul roman, «La Nouvelle Héloïse», son chef-d'oeuvre de presque mille pages ; on sait moins qu'il pratiqua à plusieurs reprises la forme brève du conte et de la nouvelle, explorant une variété de situations et de modalités d'écriture. On présente ici trois de ces brefs récits, qui livrent un échantillon du savoir-faire littéraire d'un philosophe fasciné par le « pays des chimères », ce monde qui filtrait son rapport au réel.

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