Ainsi parlait ma mère, Rachid Benzine






Tout commence par une lecture de La peau de chagrin à sa mère, pour la énième fois il lui lit à son chevet ce texte de Balzac dont elle ne semble jamais se lasser. Dernier fils d'une grande fratrie, il a accepté de s'occuper de sa mère il y a quinze ans. A 54 ans, il veille sur cette femme d'origine Marocaine qui est arrivée à Bruxelles il y a si longtemps et qui n'a jamais appris à lire. Fils d'un père qui ramenait des livres du pilon en quantités industrielles, il a grandi dans les lettres et l'amour des livres.


Dans ce récit court et si touchant, le narrateur raconte sa mère, sa détermination à ne dépendre d'absolument personne après la mort de son mari, elle qui a appris toutes les lignes de métro de Bruxelles par cœur pour ne pas avoir à demander son chemin ...


Un récit qui se lit avec tendresse et profondeur, presque cent pages de douceur portées par une écriture si poétique mais avec beaucoup d'humour, que l'on a envie de partager ce petit bijou à toutes ses connaissances !




"- Les enfants, on leur doit tout, madame Blondel. Et eux ils nous doivent rien. Ils n'ont pas demandé à naître.

- Moi je dis qu'un gamin c'est neuf mois dans le ventre, trois ans dans les bras et toute sa vie sur le dos.

- Etre reconnaissant à ses parents, ça vaut pour les siens, mais quand on est soi-même parent, ce qu'on peut faire de mieux pour ses enfants c'est que jamais ils pensent qu'ils vous doivent quelque chose. Qu'ils soient libres. "



Ainsi parlait ma mère, Rachid Benzine, est publié aux éditions du Seuil. 96 pages, 13 euros.







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